Programme d'arts plastiques en classe de seconde : EE Arts visuels et enseignement facultatif

  1- ENSEIGNEMENT D'EXPLORATION - ARTS VISUELS

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  • Enjeux et objectifs

 Les arts visuels produisent des objets artistiques essentiellement perçus par l’œil du spectateur. Ils englobent ainsi principalement les arts plastiques (le dessin, la peinture, la sculpture et les nouveaux médias), le cinéma et la photographie, dans leurs diverses réalités (technique, économique et artistique). Ce champ élargi dépasse le cadre traditionnel des disciplines et vise à souligner leurs complémentarités et les échanges dynamiques qui les animent. Il explore toutes les dimensions de l’image, synchronique et diachronique, afin d’interroger une culture du visuel en phase avec ses manifestations les plus contemporaines.

 

Les sources de production, de circulation et de création des images se sont complexifiées et diversifiées, conférant à celles-ci un rôle de plus en plus élaboré au sein de multiples réseaux d’écritures et de sens, qu’ils soient artistiques, de communication ou économiques. Aussi convient-il d’aborder les arts visuels non de manière segmentée mais transversale, afin de mieux suivre les nombreuses aventures des images, de leur conceptualisation à leur fabrication, de leur diffusion à leur relecture. Associant souplement une étude des langages, des formes et des motifs, du travail de l’artiste, cet enseignement d’exploration confronte les modèles et les enjeux esthétiques des images à la réalité de leur élaboration et perception dans le monde contemporain, afin de mieux cerner et appréhender la portée d’un geste créatif.

 

Le travail de l’artiste mérite en particulier d’être resitué dans le cadre de l’univers de production qui le sous-tend et qui est souvent méconnu des élèves. Qu’il s’agisse de l’élaboration d’une peinture, d’une sculpture, d’un film ou d’une photographie, la découverte des métiers et des chaines de métiers associés aux arts visuels permet non seulement de poser une réflexion sur les contraintes matérielles et les exigences économiques de l’art, mais aussi de problématiser à différentes époques et pour différents systèmes de production la question de la fonction « auteur » d’une œuvre. Parce qu’ils auront pris davantage conscience que le surgissement d’une création résulte de la convergence des apports de diverses données y compris professionnelles, les élèves seront en mesure de développer des compétences critiques, pratiques et exploratoires qui renouvelleront et aiguiseront leur plaisir esthétique. Ils accroîtront ainsi leur aptitude à formuler, à l’oral et à l’écrit, des jugements esthétiques et des interprétations fondées sur la réalité du travail artistique.

 

Partant des motivations, des intérêts, des pratiques et de la curiosité des élèves pour le domaine de l’image, l’enseignement d’exploration « Création et activités artistiques - Arts visuels » propose un parcours au cœur de ces réalités. En étudiant les questions posées par la réalisation d’un ou plusieurs projets – dont plusieurs exemples sont présentés ci-dessous –, et en les confrontant à des situations professionnelles présentes dans l’environnement du lycée, l’élève découvre peu à peu les spécificités du domaine artistique qu’il explore. Il enrichit sa culture en étudiant des œuvres, il s’essaie à des expériences de pratique artistique et s’initie à la diversité des compétences et des métiers qui animent au quotidien le domaine des arts visuels. Enfin, il identifie les parcours de formation qui, du lycée à l’enseignement supérieur, permettent d’y accéder.

 

Les professeurs spécialisés d’arts plastiques, les professeurs d’ores et déjà responsables d’un enseignement de cinéma, les titulaires d’une certification complémentaire dans ce même domaine sont particulièrement habilités à mettre en œuvre l’enseignement d’exploration « Création et activités artistiques - Arts visuels ». Dans tous les cas, le professeur en charge de l’enseignement peut s’assurer le concours d’une équipe pluridisciplinaire ou partenariale enrichissant la définition, les contenus comme la mise en œuvre du projet.

 

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  •  Compétences sollicitées et développées

Les compétences mobilisées et développées constituent les points d’appui d’un parcours annuel d’exploration dans le domaine des arts visuels. Les principales d’entre elles, associant chacune capacités et connaissances, peuvent être ainsi formulées :

 - Compétences relatives à la culture personnelle :

      o Développer sa culture en s’ouvrant à des œuvres patrimoniales ou à des créations dans le   domaine des arts visuels.

      o Situer sa pratique, ses intérêts et ses goûts personnels.

      o Développer des compétences critiques pour renouveler et aiguiser le plaisir esthétique.

      o Accroître l’aptitude à formuler - à l’oral comme à l’écrit - des jugements esthétiques et des interprétations fondées sur la réalité du travail artistique observé.

 

- Compétences relatives à la pratique artistique :   

      o Développer, concevoir et réaliser un travail personnel lié à la production des images.

      o Choisir ses propres moyens d’expression.

      o Mettre en relation divers aspects des formes visuelles et artistiques.

 

- Compétences relatives à la découverte des métiers de l’image :

       o Percevoir le niveau d’exigence des diverses activités artistiques requises par la mise en œuvre des arts visuels et mettre cette prise de conscience au service d’un projet artistique et professionnel donné.

      o Identifier et situer la diversité des métiers contribuant aux arts visuels (y compris dans le domaine du journalisme spécialisé, de la gestion et du droit) et les parcours de formation qui y conduisent en se fondant sur le ou les projets mis en œuvre et les lieux extérieurs observés.

 

- Compétences transversales :

      o Etre capable de donner sens aux activités artistiques et d’en percevoir les enjeux humains, sociaux et économiques.

      o Apprendre à se projeter lucidement dans l’avenir.

      o Apprendre à mieux travailler en équipe et à s’ouvrir à autrui ainsi qu’au monde professionnel.

 

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  • Mise en œuvre

Le préambule aux quatre domaines (arts visuels, arts du son, arts du spectacle, patrimoines) présente la démarche générale présidant à la mise en œuvre de l’enseignement d’exploration « Création et activités artistiques - Arts visuels ». La définition puis la réalisation de chaque projet qui le constitue s’appuie sur le croisement d’une ou plusieurs questions avec un ou plusieurs lieux de création artistique.

Les lieux de création artistique peuvent être, par exemple :

     -  un musée,

     -  une exposition,

     -  une rétrospective d’un peintre ou d’un cinéaste,

     -  un festival,

     -  la projection d’une ou de plusieurs œuvres cinématographiques,

     -  un site multimédia,

     -  un studio de montage,

     -  l’atelier d’un photographe ou d’un plasticien,

     -  la rencontre avec un technicien (chef opérateur, story boarder, etc.).

 

Ces lieux permettent d’éclairer concrètement un certain nombre de questions touchant aux enjeux fondamentaux de l’image et de ses conséquences sur les différentes formes d’expression artistique :

     - identité et cohérence d’une œuvre ou d’un geste artistique par delà des évolutions et des actualisations génériques différentes ;

     -  signature d’un auteur - et ses différentes manifestations - lorsqu’elle s’inscrit dans le cadre d’un travail en équipe ;

     -  circulation d’une forme ou d’un motif visuels ;

     -  citation et intertextualité : le dialogue avec d’autres œuvres ; les avatars et la transformation d’une image ;

     -  composition plastique de l’image et force rhétorique ;

     -  communication autour de la diffusion d’un film, d’une exposition, d’un artiste, etc.

 

Les questionnements choisis seront alimentés par l’étude d’œuvres, l’expérience pratique et la rencontre de différents intervenants et acteurs donnant vie à ces lieux et à ces moments de création.

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  • Exemple de contenu

Associant étroitement un lieu ou une situation artistique singulière à un questionnement de référence, les propositions qui suivent sont de simples exemples illustrant les modalités de mise en œuvre présentées ci-dessus. Les projets effectivement construits pourront largement s’en éloigner en fonction des occasions offertes par l’environnement du lycée. Tous relèveront cependant du même esprit.

Si des parcours exploratoires peuvent être conçus à partir d’un lieu physiquement accessible, d’autres peuvent se construire par Internet, la documentation qui y est proposée comme les outils de communication qui y sont mis à disposition.

Dans tous les cas, il est souhaitable que la relation partenariale avec l’établissement de référence s’inscrive dans une certaine durée, afin d’établir un dialogue fructueux – éventuellement par voie électronique – entre les élèves et les professionnels.

Différents exemples :

Ex.1

Lieu / situation : L’atelier d’un photographe.

Question : Formes et motifs : la perspective et la profondeur de champ de l’(comparaison peinture / photographie / cinéma).

Réalisation : Réalisation d’une série photographique et d’une mini exposition commentée et raisonnée.

Ex.2

Lieu / situation : Festival centré sur l’œuvre d’un cinéaste.

Question : Interroger la cohérence d’une œuvre cinématographique, la « politique d’un auteur ».

Réalisation : Réaliser un site mettant en valeur cette cohérence et proposant différe parcours et voyages dans les films.

Ex.3

Lieu / situation : Visite d’une école de cinéma ou d’une école d’art.

Question :  Interroger la complémentarité des métiers de cinéma et la chaîne des intervenants qui contribue à la « fabrique » d’un film.

Réalisation : Réaliser un court métrage simple en partenariat avec les étudiants de cette école.

Ex.4

Lieu / situation : Distribution/promotion des films : découverte de métiers liés à l’économie du cinéma.

Question : Interroger le paratexte commercial d’un film et la communication autour de la sortie d’une œuvre de cinéma.

Réalisation : Réaliser l’affiche du film (charte graphique, images, slogan).

Ex.5

Lieu / situation : L’atelier d’un artiste « indépendant » (plasticien, photographe...) : découverte d’une pratique artistique, de ses conditions et de ses composantes. Étude de ses liens avec la diffusion, l’exposition (galeries, circuits institutionnels des centres d’art), la presse spécialisée et la critique.

Question : Interroger le statut de l’artiste et les enjeux de sa production (esthétique, social, économique...). Les contraintes matérielles et morales de l’artiste producteur d’images ou de formes visuelles entre liberté d’expression et exigence morale.

Réalisation : Travail de production inspiré par l’artiste, choix d’une présentation et élaboration d’outils de diffusion (exposition, documentaire, écrits).

Ex.6

Lieu observé/situation : Critique d’art.

Question : Les lieux et les temps de l’écriture, la réalité de la commande, la diffusion, la formation initiale de l’auteur, les univers et options esthétiques de l’auteur. La réalité d’un travail intellectuel. Les lieux possibles d’exercice.

Réalisation : Une forme documentaire sur des supports et médiums variés. Un travail d’écriture.

Ex.7

Lieu observé/situation : Atelier de graphisme (BD, communication visuelle, etc.).

Question : Les enjeux professionnels, les univers esthétiques, les ressorts de l’image et ses principes rhétoriques dans le cadre de la communication visuelle ou dans l’illustration. La polyvalence des formations, l’emploi et la réalité de la technologie numérique, la réalité économique, les réseaux du marché.

Réalisation : Production visuelle de communication ; travail d’illustration.

Ex.8

Lieu observé/situation : Ateliers de créateurs d’art (verriers, orfèvre, etc.) ou de restaurateurs.

Question : La relation art/artisanat ; le statut de l’objet, entre décor et expression artistique ; la question des choix stylistiques. La restauration, la préservation des œuvres. La matérialité des objets et les contraintes de fabrication. La production artisanale face à la production industrielle.

Réalisation : Production visuelle documentaire/ atelier de pratique et d’écriture.

 

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 2- ENSEIGNEMENT FACULTATIF - ARTS PLASTIQUES

 

 

  • Définition et objectifs

En classe de seconde, l’enseignement facultatif des arts plastiques s’appuie sur les connaissances et compétences acquises par l’élève au collège. Il repose prioritairement sur l’exercice d’une pratique plastique fondée sur les formes de la création artistique contemporaine mises en relation avec celles léguées par l’histoire de l’art. Parallèlement, il vise à la connaissance des œuvres, à la construction d’attitudes artistiques et à l’exercice d’une réflexion critique. La pratique engagée par l’élève doit l’aider à comprendre progressivement les enjeux artistiques fondamentaux qui motivent la diversité des formes d’expression plastique qui traversent l’histoire jusqu’à aujourd’hui. Les connaissances et compétences ainsi acquises doivent faciliter des poursuites de formation ciblées sur les arts plastiques en cycle terminal, soit en enseignement obligatoire de série L, soit en enseignement facultatif. Ces choix doivent aussi - et à plus long terme - lui permettre d’accéder à des études supérieures en vue d’un parcours professionnel.

En mettant une intention artistique à l’épreuve de sa concrétisation, la pratique artistique développe l’inventivité et affine les capacités expressives de l’élève. En effet, l’élaboration d’une production plastique conduit nécessairement à la prise en compte de contraintes matérielles qu’il faut adopter, contourner ou dépasser. Pour en maîtriser tous les aspects, l’élève expérimente ou perfectionne son usage des outils traditionnels comme ceux qui se rapportent aux technologies contemporaines.

La culture artistique, avec l’appui de l’histoire de l’art, se construit dans le cadre de la pratique artistique. Elle permet d’établir des relations entre les différentes sources des savoirs. Elle nourrit l’imaginaire et constitue pour l’élève un ensemble de références historiques, esthétiques et théoriques en regard duquel vient se situer sa pratique, dans un dialogue avec des œuvres passées et récentes. Cette conception dynamique de la culture nourrit et enrichit les relations entre invention, expression et réflexion que mobilise toute démarche artistique.

D’un point de vue méthodologique, l'enseignant conçoit des situations ouvertes et variées permettant de transposer dans le domaine scolaire les questions issues du champ artistique. Il conduit l'élève à la découverte des moyens d'expression pour le faire passer ainsi progressivement du tâtonnement à la maîtrise.

 

  • Programme

 

L’enseignement dispensé en seconde construit des connaissances, des capacités et des attitudes dans trois champs de compétences particuliers :

1. Compétences techniques et artistiques

- concevoir, projeter, réaliser en deux dimensions et en volume

- choisir ses propres moyens d'expression en fonction d'un projet

- comprendre, dans la pratique, le rôle joué par les divers constituants plastiques et matériels (medium, geste, outils) et savoir les utiliser

- prendre en compte des éléments susceptibles de transformer sa démarche - argumenter sa démarche à l’oral et à l’écrit.

 

2. Compétences culturelles

- analyser une œuvre à deux ou trois dimensions en faisant apparaître ses caractéristiques plastiques, sémantiques et artistiques

- utiliser un vocabulaire descriptif précis et approprié


- situer une œuvre dans son cadre historique et faire apparaître quelques caractéristiques du ou des systèmes figuratifs dont elle témoigne.

 

3. Compétences comportementales

- travailler dans une relative autonomie, conduire un travail personnel et assumer sa présentation au regard des autres,

- témoigner d'un comportement attentif et ouvert aux démarches artistiques dans leur diversité,

- participer à une analyse collective de façon ouverte et argumentative en demeurant attentif à la parole des autres.

 

 

Le programme de seconde s’organise autour d’un unique questionnement portant sur les relations qu’entretiennent « la forme » et « l’idée ». Ses enjeux seront traités à l’intérieur de deux champs d’étude principaux : le dessin et la matérialité.

La forme : le mot est fréquemment employé en esthétique et chacune de ses acceptions correspond à un concept fondamental qu’il importera de distinguer. Á ce niveau, et en ne négligeant aucune de ces différentes significations, supports possibles d’investigations plus approfondies, il s’agira de considérer prioritairement son acception concrète, celle désignant la figure constituée dans l’espace par les contours d’un objet matériel, figuratif ou non, ou encore celle désignant l’aspect général extérieur.

L’idée : le terme est tout d’abord à comprendre dans son usage courant. Cela va d’un sens très large relatif à toutes sortes de représentations mentales, y compris les images, à la pensée d’une solution possible à un problème théorique ou pratique. C’est la trouvaille, l’invention, le projet, l’hypothèse explicative (la prise en compte de l’usage qui en est fait en philosophie et plus particulièrement en esthétique sera mieux adaptée aux classes du cycle terminal).

Le dessin : originellement, dessiner signifiait aussi bien former le projet que tracer les contours. Dans le contexte actuel des technologies numériques et des pratiques du dessin, l’élève est amené à expérimenter et maîtriser une grande variété de pratiques graphiques. Elles doivent lui permettre d’appréhender les rapports qu’entretiennent l’idée, l’émergence de la forme et la pratique du dessin. La dynamique ainsi créée favorise la construction d’un objet artistique. L’élève est conduit à concevoir son dessin comme support de sa pensée, comme moyen de la capter. Il peut ainsi s’affirmer dans une forme d’écriture visant aussi bien l’observation d’une réalité que l’expression d’une intériorité.

La matérialité : dans ce contexte, la matérialité est à comprendre comme ce qui caractérise la réalité matérielle des objets produits à des fins artistiques. Toute production plastique a partie liée avec la matière et le matériau qui en déterminent les aspects formels et les caractéristiques physiques. La variété des matériaux et l’évolution des conceptions relatives à la matière permettent à la fois la création d’œuvres « matérielles » et « immatérielles ». Les productions artistiques sont toujours symptomatiques de l’évolution des matériaux et des techniques et contingentes à cette évolution. Dans son rapport à la matière et aux matériaux, l’élève est conduit à collecter et expérimenter pour constituer son propre univers.

 

  • Pratique plastique

 

Principes de mise en œuvre : ces axes de travail ne sont pas étanches les uns par rapport aux autres. Les situations pratiques qui en découlent sont à l’initiative du professeur. Elles engagent les élèves dans une recherche des moyens plastiques mettant en jeu les notions et les opérations fondamentales des arts plastiques. Ces axes permettent en effet de travailler selon des entrées et des accents différents les questions du dessin et de la matérialité à partir d’un large horizon d’enjeux cognitifs et expressifs. La recherche d’une articulation entre dessin et matérialité enrichira l’approche de la question.

 

La transversalité : une part importante de la création contemporaine ou de celle léguée par l’histoire témoigne d’une transversalité entre les différents arts, de « métissages », de recours diversifiés à des champs conceptuels qui excèdent le seul domaine artistique. Il importe d’en tenir compte dans un enseignement qui a pour référence les œuvres d’art.

 

 

 

  • Le dessin

En classe de seconde, le dessin doit être confirmé comme une pratique plastique fondamentale et à part entière, qui n’est pas réductible à un simple savoir-faire. La réflexion sur les pratiques du dessin doit permettre à l’élève d’appréhender quelques-uns des enjeux actuels de la création plastique.
L’accès au dessin par les points d’entrée suivants en facilitera une approche ouverte, prenant appui sur des pratiques et références précises et toujours diversifiées.

     → La forme et l’idée : qu’il s’agisse de l’esquisse, du croquis, de l’étude, de l’ébauche, de l’épure ou encore du schéma, le dessin est ici mis au service du projet, du dessein (disegno). Il s’agit donc d’expérimenter le processus qui va de l’idée à la réalisation et d’approcher les modalités par lesquelles la pensée prend forme. La diversité des exemples mise en relation avec la pratique des élèves permettra d’éclairer ce qui lie un projet aux moyens de sa représentation.

     → L’observation et la ressemblance : toute tentative d’ « imitation » ou de représentation du réel produit inévitablement un écart dont la valeur expressive dépend notamment des moyens techniques employés. Les situations d’apprentissage et les exemples abordés montreront que le dessin d’observation ne s’affranchit pas de la question du point de vue et que les codes de représentation renouvelés tout au long de l’histoire redéfinissent sans cesse l’idée et le pouvoir évocateur du dessin.

     → Le dessin de l’espace et l’espace du dessin : dans toutes les civilisations, la relation qu’entretient l’homme avec le monde s’illustre par la manière dont il conçoit et représente l’espace. Qu’elle ait une origine cosmogonique, symbolique, poétique, ou qu’elle semble découler d’une approche rationnelle du réel et des phénomènes optiques, la représentation de l’espace repose nécessairement sur un système qui produit des équivalents plastiques. On observera que le dessin génère également son propre espace, son propre système, qu’il migre d’un support à l’autre, révèle ce support ou parvient à s’en dégager.

     → L’artiste dessinant et les « machines à dessiner » : la pratique du dessin met en jeu des notions indissociables de tout processus de création dans le champ des arts plastiques. L’implication du corps du dessinateur est déterminée par l’intention mais aussi par l’outil, le support et l’espace. Á travers la pluralité des outils et des techniques associés au dessin, on abordera ici la question de l’écriture, de la gestualité, mais aussi de l’implication du corps ou de sa mise à distance dans la production. Le traitement de cette question conduira également à prendre en considération l’extension du domaine du dessin à des technologies et des supports qui amènent à s’interroger sur le statut de l’artiste, des savoir-faire et de l’œuvre.

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

  • La matérialité


Elle est à considérer dans le rapport qui s’établit entre la réalité, les qualités intrinsèques et matérielles de l’œuvre, et les propriétés physiques des matériaux. L’approche de la question de la matérialité est ouverte, comme pour celle du dessin. Elle prend appui sur des pratiques et des références précises et diversifiées, selon les points d’entrée suivants.

     → De la matière première à la matérialité de l’œuvre : l’observation de la réalité concrète conduit les élèves à percevoir le rôle de la matérialité dans les effets sensibles que produit l’œuvre. Par l’expérience, il comprend que l’œuvre est une conséquence de la transformation de la matière et que les pratiques artistiques mettent en jeu des lieux, des outils, des gestes, des attitudes qui aboutissent à une forme qui fait sens. A travers le traitement de cette question, on s’attachera plus particulièrement à mettre en évidence la très grande diversité des matières (minérale, organique, sonore, naturelle, artificielle, « noble », « triviale », etc.), de leurs origines et des processus de transformation (modelage, collage, assemblage, stratification, empilement, etc.) qui mènent à l’œuvre.

     → Les propriétés physiques de la matière et la technique : les propriétés physiques de la matière apparaissent comme une contrainte qui conditionne toute pratique artistique. Le choix des outils et des techniques répond à ces contraintes et permet de tirer parti des qualités physiques des matériaux, des médiums et des supports. Á travers les situations d’apprentissage, on observera également qu’une intention, un dessein (celui par exemple de saisir et traduire la profondeur d’un paysage par le traitement de la couleur) peuvent conduire à l’invention ou au perfectionnement d’une technique qui s’applique tant à la préparation du support qu’à l’exploitation d’un médium. La technique révèle les qualités de la matière (opacité, transparence, rigidité, porosité, malléabilité, etc.) par sa mise en œuvre au service d’une intention.

     → L’expérience de la matérialité : cet axe de travail permet d’explorer et d’expérimenter la manière dont la matérialité de l’œuvre se déploie dans l’espace. Il rend également possible un questionnement sur la nature et les effets des interactions entre une production artistique et son environnement (physique, géographique, politique, social, humain, etc.). L’expérience de la matérialité d’une œuvre relève autant du sensible que de l’intelligible. Elle s’ancre également dans les représentations que chacun a du matériau et de ses significations (symboliques, poétiques, technologiques, politiques, etc.). L’expérience de la matérialité, c’est aussi, plus prosaïquement, le moment d’un face à face avec l’œuvre qui conduit à prendre en considération des notions d’échelle, de mesure, de volume, de temps d’apparition, de temps d’exposition, d’immersion, de mise à distance, etc.

 

 

  • Culture artistique et histoire des arts

La culture et la pratique ne sont pas à dissocier ni à considérer successivement. Elles sont constamment articulées. Il s’agit d’offrir des sources dans lesquelles puiser et de transmettre des connaissances qui vont nourrir l’imaginaire de l’élève. Il s’agit aussi de lui faire connaître des œuvres du passé, ressentir des affinités, emprunter et revisiter des données formelles, techniques, symboliques et sémantiques. 
L’histoire des arts offre à cet égard des possibilités d’études transversales. Étudier les références historiques dans les œuvres ou les récits d’artistes est un exercice fécond. Au-delà de l’émotion et de l’inspiration suscitées par les œuvres, l’élève doit être capable de défendre un point de vue critique. Ainsi doivent s’aiguiser son sens de l’observation et son désir de connaître et de comprendre ce qui lui est étranger ou inhabituel. Il développera aussi son sens de l’expérimentation et de la découverte.

Il revient au professeur, dans le déroulement de son enseignement et en fonction des questions abordées dans la pratique, de faire appel à des exemples significatifs et variés, dans un champ historique très large, empruntés à la peinture, à la sculpture, à l'architecture, à la photographie, mais aussi aux productions, notamment contemporaines, qui se sont affranchies de ces classifications.

En classe de seconde, il convient de mettre en place une méthode d’analyse d’œuvre. L’élève doit apprendre à décrire l’œuvre étudiée avec un vocabulaire approprié et spécifique, Il doit organiser sa réflexion autour d’axes d’études qui sont autant de notions plastiques fondamentales (sujet, couleur, composition, spatialité, etc.) et s’interroger sur le traitement de ces notions pour en faire apparaitre le sens. Il doit enfin pouvoir progressivement situer cette œuvre en relation avec d’autres œuvres ou mouvements qu’il connaît.

 

  • Évaluation des acquis des élèves

L’évaluation est un acte indissociable du dispositif pédagogique. Elle consiste à estimer, apprécier, accorder une importance à un processus, un événement qui atteste des acquis des élèves à partir d’informations qualitatives et/ou quantitatives, selon des objectifs d’apprentissages précis.

Elle s'effectue tout au long de l'année, selon des méthodes et critères qui doivent être clairement définis en référence aux objectifs visés par le programme pour être compris et intégrés par les élèves. L'évaluation porte aussi sur la démarche suivie, les étapes franchies, le résultat obtenu, les savoirs acquis.

La prise de parole de l’élève fait l'objet d'une attention particulière. Conduite par le professeur, à partir des productions individuelles ou collectives, elle permet à l'élève de prendre conscience de la singularité de sa démarche et des divers enjeux de sa réalisation. Par le dialogue ainsi instauré, chaque élève peut faire le point sur ses difficultés, ses acquis, ses progrès, ses projets.